Squero di San Trovaso
- hidden-gem
- Prix: Gratuit
- Horaires d'ouverture: Visible à tout moment depuis la Fondamenta Nani ; les artisans travaillent généralement le matin en semaine
Réservez une visite guidée de Venezia
Évitez la file d'attente et découvrez Venezia avec un guide local.
Histoire
Un squero est un chantier naval vénitien — un atelier où l'on construit et répare les embarcations à fond plat de la lagune — et l'on pense que le mot vient de squara, un ancien terme désignant l'équerre de charpentier utilisée pour redresser le bois courbé. Le Squero di San Trovaso, niché le long du rio du même nom à Dorsoduro, est en activité continue depuis au moins le XVIIe siècle, ce qui en fait l'un des plus anciens chantiers de ce type encore en fonction dans la ville.
Là où des dizaines de squeri opéraient autrefois dans tout Venise, il n'en reste aujourd'hui qu'une poignée en activité, et San Trovaso est l'un des plus connus précisément parce qu'il fonctionne encore comme un véritable atelier et non comme une pièce de musée — les gondoles y sont toujours construites et réparées comme elles l'ont toujours été, sur la même rampe de bois inclinée face à l'eau.
Une silhouette alpine à Venise
Ce qui frappe le plus dans le squero, c'est son architecture : de bas hangars de bois aux toits pentus et débordants, avec des galeries ouvertes sur les côtés, construits dans un style rustique, presque chalet, qui n'a rien à voir avec la pierre et la brique de la ville environnante. La tradition veut que ce ne soit pas un hasard — nombre des charpentiers qui construisirent et firent fonctionner les premiers squeri venaient du Cadore, dans les Dolomites au nord de Venise, et bâtirent leurs ateliers comme ils auraient bâti une maison chez eux.
Le bois lui-même aurait suivi le même chemin que les ouvriers : descendu par flottage sur la rivière Piave depuis les forêts montagnardes du Cadore jusqu'à la lagune, où il était travaillé en coques à quelques pas seulement de son point d'arrivée. Que chaque détail de cette origine résiste ou non à un examen rigoureux, la silhouette du squero — bardeaux de bois et porches couverts plutôt que façades de marbre — demeure l'un des recoins les plus inattendus de Dorsoduro.
Le saviez-vous ?
Une gondole n'est pas symétrique : la coque s'incurve davantage sur le côté gauche que sur le droit, et l'embarcation tout entière est construite légèrement arquée, afin que le gondolier, qui rame avec un seul aviron depuis la poupe, côté droit, puisse la propulser en ligne droite plutôt qu'en un lent cercle. L'aviron pivote dans une forcola, un appui sculpté en bois de noyer, entaillé de plusieurs encoches permettant au rameur de changer de position pour les coups avant, les coups arrière et les virages sans jamais sortir la pale de l'eau.
En construire une de A à Z est un travail lent : un squero comme San Trovaso ne produit généralement qu'une seule gondole neuve par an, et une équipe de squerarioli — les maîtres charpentiers de marine — peut mettre environ 45 jours de travail continu pour façonner une seule coque à partir d'une huitaine d'essences de bois différentes.
Bon à savoir
Il n'y a ni musée, ni billetterie, ni entrée officielle pour les visiteurs — le squero est un atelier en activité, non une attraction touristique au sens habituel, et il n'est pas possible de traverser l'eau pour se promener parmi les bateaux. La façon habituelle, et gratuite, de le voir est de se placer sur la rive opposée du Rio San Trovaso, sur la Fondamenta Nani.
Les matinées de semaine sont le meilleur moment pour visiter si l'on souhaite voir le travail en cours — c'est alors qu'un squerariolo a le plus de chances d'être sur la rampe en train de raboter une coque ou de calfater une jointure, plutôt qu'un chantier silencieux aux bateaux recouverts.