Gallerie dell'Accademia
- art-museum
- Prix: €2 - €15
- Horaires d'ouverture: 09:15 - 19:15 (lun jusqu'à 14:00)
Histoire
La galerie occupe l'ancienne Scuola Grande di Santa Maria della Carità, l'une des plus vieilles confréries de Venise, fondée en 1260 et installée dans des bâtiments sur ce site depuis 1343 — comprenant une église, un monastère et la grande salle de la scuola elle-même. Le complexe perdit sa vocation religieuse après que Napoléon eut supprimé les confréries vénitiennes à la fin des années 1790, l'État commençant alors à réaffecter les bâtiments à une institution bien différente.
Cette institution, l'Accademia di Pittura, Scultura e Architettura, avait en réalité été fondée séparément en 1750, d'abord installée près de la place Saint-Marc, ses premières toiles ayant été données par des étudiants et par l'ancienne Scuola della Carità elle-même. Un décret napoléonien la réorganisa en 1807 en Accademia Reale di Belle Arti et la transféra dans le complexe sécularisé de la Carità, où l'architecte Giannantonio Selva passa les années suivantes à adapter les anciens bâtiments religieux à leur nouvelle fonction — créant le musée qui abrite aujourd'hui la plus importante collection de peinture vénitienne au monde.
Le pont devant la porte
Le pont de bois juste devant l'entrée de la galerie a lui-même une histoire mouvementée. Le premier Ponte dell'Accademia, construit en 1854 par l'ingénieur autrichien Alfred Neville, était en fer — un matériau que les Vénitiens détestaient tant, le jugeant en rupture avec la silhouette historique de la ville, qu'il fut démonté et remplacé en 1933 par un gracieux arc de bois conçu par Eugenio Miozzi, bâti, dit-on, en seulement 37 jours.
Le projet de Miozzi connut un tel succès que les plans visant à le remplacer un jour par un pont de pierre permanent furent indéfiniment abandonnés. La structure de bois dut être reconstruite dans les années 1980, et la version qui enjambe aujourd'hui le Grand Canal, achevée en 1986, reproduit fidèlement la silhouette originale de Miozzi sur une ossature d'acier renforcé. Il reste l'un des quatre seuls ponts traversant le Grand Canal, et sans doute son meilleur point de vue.
Le saviez-vous ?
Parmi les œuvres les plus grandes et les plus célèbres de la collection figure l'immense "Repas chez Lévi" de Paolo Véronèse, peint à l'origine en 1573 comme une Cène. Sa foule de convives éméchés, de nains et un chien aux pieds du Christ attirèrent l'attention du tribunal du Saint-Office, qui convoqua Véronèse pour expliquer pourquoi il avait rempli une scène sacrée de ce que le tribunal appela des "bouffons, des Allemands ivres, des nains et autres vulgarités du même genre".
Sommé de modifier le tableau dans un délai de trois mois, Véronèse se contenta d'en changer le titre — remplaçant la Cène par un autre banquet évangélique, moins central sur le plan doctrinal, où les Écritures mentionnent explicitement la présence de "pécheurs" parmi les convives. La toile, inchangée, est toujours accrochée aujourd'hui aux Gallerie sous son titre modifié : un cas rare où un maître de la Renaissance déjoua l'Inquisition avec pour seule arme un nouveau nom.
Bon à savoir
Le billet plein tarif est réduit pour les visiteurs de moins de 25 ans et à tarif réduit ou gratuit pour les moins de 18 ans, une pièce d'identité pouvant être demandée à la billetterie. En haute saison, mieux vaut réserver en ligne à l'avance : les salles — réparties dans un ancien monastère plutôt que dans un musée construit à cet effet — se remplissent plus vite que ne le laisse penser la modestie du bâtiment.
Les salles suivent un parcours globalement chronologique, des panneaux byzantins à fond d'or jusqu'à la Renaissance, si bien que les visiteurs pressés peuvent se diriger directement vers les dernières salles consacrées à Bellini, Giorgione, le Titien, Véronèse et le Tintoret. Les moments les plus calmes sont tôt le matin ou la dernière heure avant la fermeture ; le musée se trouve juste du côté Dorsoduro du pont de bois qui lui fait face.